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TERRES D'AQUI

TERRES D'AQUI

Le blog du Cercle d'Histoire et d'Archéologie des Alpes-Maritimes..


Eze / La Turbie

Publié le 8 Décembre 2018, 17:40pm

9/12/2018

 

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

 

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Visite du Mont-Bastide, de la redoute de Semboula, en passant par le fort de la Revère.

Eze / La Turbie
  •  MONT-BASTIDE

 

Habitat fortifié protohistorique et antique.

Fouillé au XIXe siècle, puis dans les années 2000, il est organisé avec une rue centrale et de petites rues transversales ne dépassant pas 1,50m. de large, encerclant plusieurs îlots d'habitation.

 

Eze / La Turbie

Le village était entouré d'un rempart. Ici, le rempart et la porte ouest.

Vestige du rempart aujourd'hui

Vestige du rempart aujourd'hui

Le rempart dégagé lors des fouilles :

Eze / La Turbie
Eze / La Turbie

On a dénombré une soixantaine de maisons environ dans le village. Elles ont été arasées, les pierres ayant sans doute servi en réemploi.

Eze / La Turbie

Le RDC des maisons comportait un système de drains et était consacré à des activités artisanales. On y trouve des pressoirs à huile ou à vin, des aires de stockage. Les maisons devaient avoir un ou deux étages pour les parties habitables.

 

RDC de maison dégagé lors des fouilles :

Eze / La Turbie

Il y avait deux industries :
- La forge car on a retrouvé du mâchefer.
- La poterie car on a retrouvé des morceaux de micaschiste provenant sans doute du Tanneron.

Ici, un îlot de trois maisons. Lors des fouilles, on a mis en évidence un pressoir et deux cuves de décantation, aujourd'hui disparus sous la terre et la végétation.

Photo de Mireille CARLETTO

Photo de Mireille CARLETTO

Photo de Mireille CARLETTO

Photo de Mireille CARLETTO

Photo de Mireille CARLETTO

Photo de Mireille CARLETTO

Le site lors des fouilles :

Eze / La Turbie
Eze / La Turbie

Au bout du village, un vestige de rempart.

Eze / La Turbie

Plus d'informations sur ces liens :

 

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  • FORT DE LA REVÈRE

Eze / La Turbie

Fortification Séré de Rivières.

Construit en 1882-1885, lors de la militarisation de l'Italie, le fort protège le côté nord, le vallon de Laghet. Il fait partie de la ligne de défense de Nice et communique avec les autres forts par câblage optique.

L'abreuvoir côté nord, déformé par le panoramique

L'abreuvoir côté nord, déformé par le panoramique

A proximité, une borne octogonale.

Eze / La Turbie

Il existe deux types de bornes militaires :
- octogonales : interdiction de faire quoique que ce soit. La borne présente également deux rainures à angle droit qui indiquent la position des autres bornes.
- carrées : possibilité de construire quelque chose de démontable.

Plus loin, le tunnel de Simboula, creusé en même temps que la construction du fort.

Eze / La Turbie

Des aménagements dans la paroi, aujourd'hui murés, servaient de magasin de projectiles vides, atelier de chargement, abri artificiers, abri détonateurs, abri camps de garde, magasin à poudre...

Eze / La Turbie

Avant l'entrée du tunnel, un vieux mur au-dessus de la route : c'était le chemin qui permettait d'accéder à la redoute de Simboula, de la même époque que le fort de la Revère.

Eze / La Turbie

Plus d'informations sur ces liens :

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  • CAMP DE SEMBOULA

 

Camp de l'armée ostro-sarde (1744) de la guerre de la Succession d'Autriche (1740-1748).

Le camp de Semboula, restanques au milieu de l'image

Le camp de Semboula, restanques au milieu de l'image

Eze / La Turbie
Eze / La Turbie

Un peu d'histoire : la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748)

Par la Pragmatique Sanction, l'empereur Charles VI avait institué comme héritière universelle sa fille Marie-Thérèse épouse de François de Lorraine, Grand-Duc de Toscane. Il s'oppose ainsi au règlement successoral de son père Léopold 1er : la Disposition léopoldine.

La Disposition léopoldine destine la succession du patrimoine habsbourgeois à son fils aîné, Joseph. Dans le cas de la mort de Joseph, la couronne passerait au frère de Joseph, Charles.
Dans le cas où Charles n’aurait pas d’héritier mâle, l’héritage habsbourgeois ira aux filles de Joseph par ordre de naissance ; d'abord Marie-Josèphe, née en 1699 puis Marie-Amélie, née en 1701.

La mort de l’Empereur Charles VI est survenue le 15 octobre 1740.


La France, l’Angleterre et l’Espagne avaient solennellement garanti par le Traité de Vienne la Pragmatique Sanction. Néanmoins aussitôt après la mort de Charles VI, l’Electeur Albert de Bavière, éleva des prétentions sur son héritage. Philippe V manifesta également ses prétentions pour revendiquer le Milanais et les Etats de Parme et de Plaisance.

Contre toute attente, c'est le jeune roi de Prusse, Frédéric II qui déclenche les hostilités dès le mois de décembre, en envahissant la riche province de Silésie. C'est le début de la guerre de Succession d'Autriche qui durera huit ans.

 

Plus d'informations sur ces liens :

Des alliances se créent. Le royaume Piémont-Sardaigne, dont Nice fait partie, se range du côté des Hasbourg avec l’Angleterre et la Hongrie. Un Traité d’alliance est stipulé le 1er Février 1742.

La France et l'Espagne ont choisi l'autre camp. Le conflit débute dans la région en 1744. Les troupes françaises franchissent le Var le 1er avril 1744. Le 21 avril, les troupes piémontaises abandonnent le terrain et s'embarquent à Villefranche sur les navires anglais pour Oneglia (prèz d'Imperia).

Mais en septembre 1746, les troupes piémontaises regagnent du terrain et repoussent les troupes ennemies au-delà du torrent Bevera.

En octobre l’arrière-garde espagnole se retire au-delà du Var. Le Chevalier Solaro, à la tête des volontaires royaux du régiment de Nice, devance l’arrivée du Souverain dans la cité. D’autres régiments, sous les ordres du Marquis Balbiano, les rejoignent et défilent par la route de Magnan.

La paix d’Aix la Chapelle est signée le 18 octobre 1748. Par l’article 13 du Traité il était établi que, pour ce qui concernait l’armée d’Italie, un congrès particulier, à réunir dans la ville de Nice, réglerait le temps et les conditions d’évacuation des territoires occupés de part et d’autre.

Quelques photos :

Le puits

Le puits

Vestiges

Vestiges

Vestiges

Vestiges

Tranchée de tir

Tranchée de tir

Vue du paysage depuis le camp

Vue du paysage depuis le camp

En retournant vers le fort de la Revère, on trouve un mur de pierres sèches probablement construit à l'époque de l'armée austro-sarde...

Eze / La Turbie

... Peut-être rejoignait-il le mur en face, de l'autre coté de la route...?

Eze / La Turbie

Hypothèses et quelques dates à propos du camp de Semboula :

Première hypothèse

Les Piémontais choisissent ce site en sachant qu’ils trouveront de l’eau. Ils construisent un camp sur un terrain en partie en friche qu’ils épierrent, aménagent et clôturent en creusant une tranchée et en dressant des murs. Ensuite, ils divisent ce camp en deux secteurs : un sur la partie en friche qu’ils organisent en grande redoute, avec défense intérieure (tranchée de tir) et l’autre qui englobe un espace qu’ils trouvent déjà aménagé avec des planches cultivées ou abandonnées et un puits. Rappelons que ce sont ici les seules terrasses de tout le versant.

Deuxième hypothèse

Les Piémontais aménagent le site tel que nous le retrouvons. Les terrasses, le puits qu’ils creusent, le réduit fortifié, forment l’ensemble du camp retranché, espace organisé pour l’installation d’un campement, avec les impedimenta et l’artillerie. Sa superficie pourrait correspondre à un effectif d’environ 200 hommes. En effet, pour tenir efficacement le front de la tranchée de 140 m et celui de 52 m du mur ouest (sans compter la tranchée médiane), il faut un tireur tous les mètres (pour assurer un tir continu pendant le rechargement des fusils), soit environ 200 soldats. Ainsi, pour occuper cette position, les Piémontais ont dû niveler le terrain, l’épierrer, créer des terrasses soutenues par des murets, aménager un réduit, l’épierrer également, organiser son espace en créant des gradins sans terrasses et construire une tranchée à l’intérieur. C’est cette hypothèse qui nous semble la plus plausible.
[...]

Conclusion

1745 : les combats cessent dans ce secteur et les Espagnols occupent la Turbie.
1746 : les Austro-Sardes envahissent de nouveau la région et refoulent les Franco-Espagnols qui repassent le Var le 17 octobre. La Turbie et ses environs sont occupés par les Autrichiens.
1747 : l’armée franco-espagnole franchit le Var et les combats reprennent dans le Comté et dans ce secteur qu’ils occupent de nouveau.
1748 : le conflit se poursuit jusqu’au 18 octobre (traité d’Aix-la-Chapelle).
1997 : nous retrouvons un remarquable vestige de cette guerre.
Ce retranchement de 1744, oublié et enfoui dans un maquis, présente un intérêt intrinsèque par son agencement spécifique qui permet de découvrir une infrastructure militaire bien conservée de cette époque et, à notre connaissance, très particulière parmi l’ensemble des retranchements connus au nord et à l’est de Nice.
Ainsi, ce site mérite d’être inscrit dans l’inventaire départemental du Patrimoine et mis en valeur pour en faire, comme sur le mont Vinaigrier, à Nice, un lieu de découverte.

Henri GEIST

***

D'AUTRES PHOTOS

 

Les belles photos de Denis Solaro :

Les belles photos de Jean-Pierre Cavelan :

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Le soleil décline, les vieilles pierres murmurent sous le vent l'histoire du pays...

Eze / La Turbie

Merci à Bénédict Lacavalerie et Denis Biette pour nous l'avoir racontée...

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C
Ces vieilles pierres qui murmurent ont tant de choses remarquables à dire...
Et la Conteuse que tu es sait écouter et transmettre, merci!
Remarquable article
Gros bisous
Cendrine
Répondre

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