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TERRES D'AQUI

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Le blog du Cercle d'Histoire et d'Archéologie des Alpes-Maritimes..


COURMES (06) Plateau Saint-Barnabé

Publié par M.C sur 17 Mai 2026, 20:01pm

Catégories : #sorties CHAAM

 
17/05/2026
 

Structures agro-pastorales, Village des Idoles, Village Nègre.

COURMES (06) Plateau Saint-Barnabé

La commune de Coursegoules possède un territoire marqué par des évolutions historiques et territoriales majeures depuis l'Antiquité.

Du Moyen Âge à la Révolution : Après l'abandon de deux premiers sites antiques/médiévaux, Coursegoules dépend au XIe siècle du château de Mayone. À la fin du Moyen Âge, le village voisin de Courmes est abandonné et son territoire est rattaché à Coursegoules. Propriété des comtes de Provence au XIIIe siècle, le village est racheté en 1620 par ses habitants, qui l'offrent au roi Louis XIII. Coursegoules devient alors une ville royale jusqu'à la Révolution.

Le cas de Courmes : Au XVIIIe siècle, un hameau se reconstruit à Courmes, doté de sa propre paroisse, mais il reste sous la dépendance de Coursegoules. Les deux entités forment une unique communauté qui se réunit à l'hôtel de ville de Coursegoules jusqu'à la veille de la Révolution.

L'époque contemporaine : Le découpage territorial actuel séparant les deux communes, ainsi que leur frontière méridionale commune, sont donc récents, le tracé d'origine restant inconnu.

Le hameau de Saint-Barnabé
 
Le hameau de Saint-Barnabé, cas exceptionnel en Provence orientale, est né du repeuplement semi-dispersé du territoire de Courmes après son rattachement à Coursegoules à la fin du Moyen Âge. Situé à la frontière actuelle de ces deux communes, le hameau a connu son apogée au XVIIe siècle avec la construction de sa chapelle, avant de décliner au XVIIIe siècle au profit du renouveau de Courmes. Ainsi, le groupement est passé de douze familles en 1719 à un ensemble très réduit de sept maisons et quelques bergeries en 1841, après la séparation définitive des deux territoires.
Chapelle Saint-Barnabé

Chapelle Saint-Barnabé

Chapelle mentionnée en 1667 vraisemblablement construite au 17eme siècle ; agrandie en 1754, puis dotée d'une travée supplémentaire à l'ouest après 1841, vraisemblablement dans la 1ère moitié du 20eme siècle.
 
Le four

Le four

Les puits et abreuvoirs

Les puits et abreuvoirs

Le hameau de Saint-Barnabé, qui tire son nom du saint protecteur des récoltes célébré chaque année lors d'un romérage, s'est développé autour d'une économie agropastorale traditionnellement basée sur la culture du blé (sur terrasses et dolines) et un élevage de subsistance. Face aux contraintes d'un plateau karstique pauvre en bois et totalement dépourvu de sources d'eau, ses habitants ont su exploiter la pierre calcaire locale pour bâtir des murs en pierre sèche et ont recouru à des puits ainsi qu'à des citernes d'eau de pluie pour assurer leur autosuffisance, et ce, jusqu'à l'arrivée tardive de l'eau courante en l'an 2000.
Les champs des idoles
 
Le champ des idole désigne une structure géologique derrière la quelle se trouve une ferme.
Le territoire agropastoral alentour a été cultivé du 17eme au 19eme siècle.
Le champ des idoles et pareidolies avec un sphynx et une cocotte en images 1 et 2
Le champ des idoles et pareidolies avec un sphynx et une cocotte en images 1 et 2
Le champ des idoles et pareidolies avec un sphynx et une cocotte en images 1 et 2
Le champ des idoles et pareidolies avec un sphynx et une cocotte en images 1 et 2

Le champ des idoles et pareidolies avec un sphynx et une cocotte en images 1 et 2

Les phénomènes paranormaux
 
D'après les ufologues et autres amateurs de paranormal, le site serait, au choix : magique, sacré, lieu d'atterrissage d'extraterrestres, propice à divers phénomènes inexpliqués.
Auraient été aperçus ou ressentis :
- OVNI
- Énergie cosmique
- Êtres élémentaux vivant dans un autre plan
- Labour et végétation qui ne seraient pas d'origine naturelle
- Apparition de sphères de feu, lumières dans le ciel, signalées à la fin du 19eme sicle. ( météorites ?)
- Chute de pierres car l'entité n'aime pas qu'on se moque d'elles.
Cercles des fées ou ronds de sorcière, qui n'ont rien de magique et ne sont pas, non plus, les traces d'atterrissage de soucoupes volantes : ce sont des « mycéliums annulaires » qui ont pour origine une unique spore qui germe puis émet du mycélium diffus dans toutes les directions. (Voir lien ci-dessous)
 
On y organise aussi des cérémonies chamaniques les soir de pleine lune.
 
Voir les liens ci-dessous pour les divers "phénomènes paranormaux", célèbres jusqu'en Italie :
Le cargadou
 
La parcelle sur laquelle est située le cargadou est loin de l'habitation, le propriétaire vivant à Tourrettes-sur-Loup. Il faut donc qu'il puisse stocker sa récolte sur place, d'où la construction d'un cargadou, qui devait avoir un toit.
Le cargadou

Le cargadou

Les mini "tombeaux du chef de tribu"

Ce nom vient de l'appellation donnée par un archéologue à une structure de Tourrettes-sur-Loup. Mais de chef de tribu, que nenni. Il semblerait que ces structures, dont plusieurs ont été recensées par le CHAAM, ne seraient que des structures annexes (remises, éventuellement pour outils, etc...), car, comme pour le cargadou, l'habitation du propriétaire étant loin et des terrasses de cultures étant proches, on suppose que le paysan devait stocker et cacher ses outils sur place.

Ici, deux petites cabanes cachées dans les rochers :

Les "tombeaux du chef de tribu"
Les "tombeaux du chef de tribu"

Les "tombeaux du chef de tribu"

À défaut de "chef", deux belles fleurs : un iris à feuilles de graminée, protégée et plutôt rare, et une orchidée blanche.
Iris à feuilles de graminée - Photo : Michelle BIANCHI

Iris à feuilles de graminée - Photo : Michelle BIANCHI

Orchidée blanche - Photo : Christine ROBINET

Orchidée blanche - Photo : Christine ROBINET

La structure effondrée
 
Un peu plus loin, une structure effondrée fait penser à une borie, sans que l'on puisse l'affirmer, du fait de l'absence d'encorbellement encore visible.
La structure effondrée

La structure effondrée

Le Village Nègre
 
À la fin des années 1920, la famille d'Eugène, montait de Tourrettes pour s'installer dans les deux cabanons qu'il avait construits entre les rochers au Village Nègre, pour la moisson de la lavande sauvage. Une citerne permettait d'avoir de l'eau.
Les ballots étaient descendus à dos d'homme pour être vendus à un courtier, plutôt dur en affaire, si bien qu'un jour, Eugène décide d'acheter un alambic - car l'extrait de lavande rapporte beaucoup plus que les ballots - et d'acquérir un jeune poulain pour transporter ce matériel volumineux. Baptisé Castor, ce gentil cheval de trait à la robe châtaigne s'attache immédiatement à ses maîtres (malgré une première tentative de fugue touchante pour retrouver sa mère) et devient rapidement une figure incontournable et aimée du village de Tourrettes-sur-Loup. Malheureusement, cette belle histoire se termine tragiquement en 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, lorsque Castor est réquisitionné par les soldats allemands, laissant la famille impuissante et le cœur brisé.
 
Toute l'histoire et le témoignage de Colette Lambert-Mattéo est sur ce lien :
Quelques structures géologiques, dont une aménagée
Quelques structures géologiques, dont une aménagée

Quelques structures géologiques, dont une aménagée

Le cabanon d'Eugène

Le cabanon d'Eugène

La citerne

La citerne

Le Village Nègre
Le Village Nègre
Le Village Nègre
Le Village Nègre
Le Village Nègre
Le Village Nègre

Le Village Nègre

Sur le chemin du retour, outre un petit air d'île de Pâques...
Les "moaï" de Saint-Barnabé - Photo Christine ROBINET

Les "moaï" de Saint-Barnabé - Photo Christine ROBINET

... nous avons rencontré une personne de la famille d'Eugène qui nous a appris que la grand-mère, Colette Lambert-Mattéo, qui raconte l'histoire sur le lien ci-dessus, était morte la semaine dernière.
 
Il nous a aussi raconté qu'on avait abîmé leur barbecue, laissé des déchets, essayé de forcer la citerne, qu'ils subissaient des indélicatesses et dégradations fréquentes.
Ces incivilités pourraient, à terme, conduire à une interdiction d'accès au site.
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Plus de photos de la balade dans le reportage de Jacques JONCOUR, ci-dessous :

Un immense merci à nos guides, André ROBINET et Denis BIETTE

 

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