SEILLANS, UN PEU D'HISTOIRE
Seillans est une très grande commune de 88,66 km2, mais la moitié de son territoire est amputé par le camp militaire de Canjuers.
Elle est traversée par d'anciennes voies, notamment par la route de Grasse/Draguignan, très active au Moyen Âge, ainsi que par la voie de chemin de fer qui reliait ces deux villes entre la fin du XIXe siècle et la deuxième guerre mondiale, voie dont il reste encore des traces, notamment le spectaculaire viaduc du Rayol. Ces deux voies de communications se trouvent sur le bas de la commune.
En effet, on y relève une altitude entre 137 mètres et plus de 1000 mètres. La commune, traversée par cinq cours d'eau, possède un lac, le lac de Méaux.
A moyenne altitude, on a repéré des oppida, dont celui des Terrassettes sur lequel a été construit le château autour duquel se trouve le village actuel. Dans les plaines, on retrouve de nombreuses traces de l'occupation romaine, sous forme de grands domaines ou villas. C'est là qu'a été trouvé un cippe au nom de Caius Coelius, famille d'affranchis, d'où viendrait le nom, par Cellianium, de Seillans.
Au haut Moyen Âge, les anciennes zones agricoles romaines sont occupées par les prieurés de l'Abbaye Saint-Victor de Marseille. Ensuite viennent des siècles de troubles et d'invasions qui obligent les populations à un repli vers les oppida et permettent la prise de pouvoir par des familles laïques locales. C'est alors qu'est créée la confrérie du Saint Esprit.
Au XIIe siècle, la ville est dirigée par deux consuls. mais les conflits sont nombreux entre l'abbaye, l'évêque de Fréjus et les co-seigneurs locaux, jusqu'à ce que le pouvoir soit pris par les institutions communales.
Pendant les guerres de religion, Seillans reste catholique, mais est entourée par de nombreux villages protestants ; elle doit donc assurer sa protection et fournir des troupes aux catholiques. En 1580, elle est frappée par la peste.
Ses ressources sont l'agriculture avec l'olivier, le coton, les bouchons, les vignes, l'élevage, notamment pour les peaux qu'elle envoie à Grasse. Il y a même eu de la siriliculture (élevage des vers à soie).
Quelques liens sur Seillans :
NOTRE-DAME DE L'ORMEAU
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La chapelle Notre-Dame de l’Ormeau ou chapelle des Essarts, inscrite au titre des monuments historiques en 1930, a été érigée entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe sur les ruines d’une église en bois du VIIIe siècle qui a brûlé en 1156. Elle s’appelait alors l’Église Sainte Marie.
Isolée au milieu des champs, cette église était en concurrence avec celle du village.
En dépit de sa restauration et ses « embellissements », avec notamment, le rajout du porche devant l’entrée dans le courant du XVIIe siècle, elle sera abandonnée comme lieu de culte privilégié vers 1660 au profit de l’église St Léger.
Cet édifice cistercien provençal renferme dans son abside un magnifique retable baroque en bois de noyer polychrome. Réalisé au XVIe siècle, il a été classé au titre objet des monuments historiques en 1912. Dans la partie centrale, la pièce maîtresse, taillée dans le tronc d’un seul noyer, représente l’Arbre de Jessé. De part et d’autre, des hauts et bas-reliefs retracent les épisodes de la vie de la Vierge. Ce retable a été restauré en 1964.
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Scellés sur un mur, on trouvera :
Un cippe romain, découvert en 1888, sorte de stèle sous la forme d’un pilier bas qui permettait de signaler l’emplacement d’une tombe, portant une une inscription funéraire.
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Un fragment de Chancel du IVe siècle qui servait à séparer la nef du chœur de la chapelle Saint Julien édifiée sur un site romain au Quartier de la Bégude.
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De nombreux ex-votos et tableaux sont toujours accrochés aux murs de la chapelle en signe de reconnaissance.
Une madone du XIVe siècle aurait été cachée lors des invasions et retrouvée par un paysan dans un champ.
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LE CIRCUIT DES BORIES
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Il n'y a pas beaucoup de documentations sur le secteur. Le cadastre napoléonien de 1838 consigne des parcelles déclarées de labour, bois, vignes. D'après Jean Salomone, auteur du livre , cette partie du territoire n'aurait été exploitée que dans un second temps. Le fait que Notre-Dame de l'Ormeau s'appelait avant Notre-Dame des Essarts plaide en faveur de cette hypothèse, les essarts correspondant aux terres nouvellement défrichées ou en défrichement. Ces terrains auraient été mis en valeur peut-être à partir du XVIIe siècle.
Sur le sentier menant au borie, nous avons rencontré les ruines d'une cabane.
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La première borie n'est pas mentionnée sur le cadastre napoléonien, ce qui ne signifie pas qu'elle n'existait pas. Peut-être que son propriétaire ne l'a pas déclarée.
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Les bories sont situées loin du village, ce sont des habitats excentrés, servant d'abris aux cultivateurs. La deuxième borie se trouve un peu plus loin.
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La troisième possède un "cargadou", extension accolée à la cabane dans laquelle on peut abriter un animal ou ranger la récolte.
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Le cargadou, derrière les arbres
Le chemin est ancien, il figurait déjà sur le cadastre napoléonien .
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On y trouve un puits aujourd'hui fermé.
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LA VISITE DU VILLAGE
La visite du village commence par une sculpture de Max Ernst, Le Génie de la Bastille.
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Max Ernst a vécu douze ans à Seillans, jusqu'à la fin de sa vie. Sa dernière épouse, Dorothéa Tanning, a offert cette statue à la Ville, tandis qu'un collectionneur, Waldberg, a fondé une donation dans sa maison, aujourd'hui rachetée par la Ville. Cette maison, devenue musée, comporte de nombreuses œuvres de ce peintre surréaliste, de son épouse et de ses contemporains.
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Nous passons devant le fontaine d'Amont, où sont gravées les armes de la ville, croissant pour les Croisades, couronne pour les remparts.
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A gauche, l'hôtel des Deux Rocs, ancien Hôtel Flotte Méaux , un des co-seigneurs de Seillans...
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... et à droite, la porte Sarrasine du XIIe siècle, ainsi nommée à cause de son système de fermeture.
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En franchissant la porte Sarrasine, nous entrons dans la partie la plus ancienne, dominée par le château du XIe siècle, autrefois bastion de la garde et prison.
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Sur une voûte qui soutient la Maison Saint Esprit, une gravure représentant une croix..
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L'église Saint-Léger, en partie du XIIe siècle, a été longtemps en concurrence avec Notre-Dame de l'Ormeau. Elle est dédiée à saint Léger, évêque d'Autun, qui a péri en martyr lors de conflits entre les membres de la dynastie mérovingienne.
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Dans l’église se trouvent un bénitier classé, des statues de sainte Julitte et de son fil Cyr - saint Quilico en Corse - le plus jeune martyr chrétien après les saints innocents. Tous les deux ont été martyrisés à Tarse, dans l'actuelle Turquie, qui est aussi la ville de saint Paul.
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sainte Julitte et saint Cyr
On trouve aussi un retable du XIVe siècle.
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Dans une rue, on trouve aussi un panneau relatant la vie de la vicomtesse Jeanne de Savigny de Moncorps qui a créé une parfumerie en 1884, parfumerie en activité jusqu'en 2010.
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La visite se termine sur la place de Thouron, en passant devant la salle de l'ancien couvent des Doctrinaires qui devint aussi un collège...
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... avant de se disperser sur la place au lavoir.
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Beaucoup plus de photos en cliquant sur le reportage de Jean-Pierre CAVELAN
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Merci à nos gentils organisateurs,
Catherine ELLEOUET et Denis BIETTE.
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