Le château du Vieux Roquebrune, le village, l’église Sainte-Marguerite, l’olivier millénaire.
Le château et la première église
Le château, construit sur un emplacement imprenable aux alentours des XIe/XIIe siècles, est le deuxième château. Le village s'est construit en même temps, les maisons forment les murailles de la cité.
Les deux rochers, appelés les Deux Frères, bloquaient l'entrée du village.
Au Moyen Âge, on pouvait y accéder par une porte secrète, aujourd'hui, une ruelle percée dans les anciennes murailles et dans la roche permet d'y monter : la rue Moncollet.
Nous pénétrons dans le château par la salle de réception d'Augustin Grimaldi qui avait fait du château sa résidence d'été et fait percer une superbe fenêtre. Le plafond à caisson a été détruit par un incendie. La pièce est située au-dessus d'une citerne.
Au Moyen Âge, le château abritait une garnison de huit à dix personnes et le castellan.
Au XIVe siècle, le castellan était une femme, restée en poste pendant vingt ans.
Des reconstitutions du logement des soldats, de la prison, d'objets divers, de maquettes, d'armes, d'une cuisine ont été installées dans le château.
A l'extérieur du château, les vestiges de la chapelle Sainte-Marguerite, première paroissiale, emportée, avec le cimetière, par un éboulement de terrain.
Nous arrivons ensuite sur le parvis Rainier III, face à l'ancienne entrée du château. Pour y accéder, il fallait franchir des fossés. La porte était protégée par un pont-levis et une herse. Les escaliers étaient rétractables. Tout a été conçu pour retarder au maximum les assaillants.
Sur la façade, on peut suivre l'évolution du château, avec des meurtrières sur les parties le plus anciennes, des ouvertures rectangulaires pour fusils de rempart, au XVIIe siècle, des bouches à feux au XVIIIe siècle.
Du haut du château, on contrôle tous les accès au village, on domine la voie romaine, on est en vigie complète. Le château de Roquebrune-Cap-Martin faisait partie d'une série de quinze châteaux qui communiquaient entre eux par un système de tours à feux. Ils couvraient un territoire allant du bord de mer jusqu'à Tende et La Brigue.
Les faubourgs et la chapelle Sainte-Lucie
Au XIVe siècle, de nouvelles maisons sont construites dans les faubourgs, hors des remparts. On va donc étendre la muraille et ouvrir une nouvelle porte de la ville.
Pour ralentir d'éventuels assaillants, on crée des pièges, des impasses, comme ce cul-de-sac, au bout d'une ruelle tortueuse, place des Archers, où se trouve la maison des archers.
En suivant la rue Pié (dont l’étymologie provient du mot apis (abeille) qui a donné "apié", le rucher, ce qui laisse supposer qu'avant les constructions, ici, il y avait des ruches), on arrive devant l'ancienne chapelle Sainte-Lucie, aujourd'hui devenue une maison de particulier.
Avant de devenir chapelle, elle a été la deuxième paroissiale du village sous le nom de Sainte-Marie. Dans les années 1500, l'évêque estime qu'elle est mal entretenue. Elle sera abandonnée, deviendra Sainte-Lucie ; située sur le chemin de Compostelle, elle était entourée du cimetière, cimetière qui disparaitra, comme celui du château, dans un éboulement. Lors de la Révolution, elle sera vendue. Elle deviendra une maison en 1950.
Du fait de l'éboulement, le village va s'étendre de l'autre côté, avec une troisième enceinte construite au XVIIIe siècle.
Dans cette partie du village se trouvait l’hôpital des pauvres, doté par les habitants, et qui s'est déplacé avec les portes de la ville.
Au XIXe siècle, création de l'école, devenue ensuite Institut Saint-Joseph pour jeunes filles.
L'olivier millénaire
Estimé à environ 2500 ans, il est un des plus vieux oliviers connus et produit toujours des olives. Le 14 janvier 2016, il a reçu le label : ARBRE REMARQUABLE DE FRANCE
Nous terminons la journée par la visite de l'église Sainte-Marguerite.
Église paroissiale Sainte-Marguerite
Suite à l'abandon de la deuxième paroissiale, une nouvelle église est construite au XVIe siècle, sur l’emplacement de jardins. Elle deviendra paroissiale, sera remaniée au XVIIIe siècle.
A l'intérieur, plusieurs éléments intéressants dont une copie du "Jugement Dernier" de Michel Ange réduite 54 fois. Cette église fait partie de la "Route du Baroque".
Entre le XVIème et le XVIIIème des embellissements sont financés par les Seigneurs Grimaldi, puis une restauration sous le règne d’Honoré II, avec des travaux d’agrandissement et des ornements dans le style Baroque italien. L’état actuel est le résultat de grands travaux réalisés à la fin du XIXème aux frais du Chanoine Grana. Une plaque de marbre rappelle l’engagement du chanoine et sa volonté d’orner l’église « pour un culte plus grandiose ».
Plus de photos sur le reportage de Jean-Pierre CAVELAN :
Un immense merci à notre magnifique guide, Christine DIDIER, pour cette visite passionnante.
Bonnes fêtes à tous !
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