Chapelle médiévale Saint-Érige et enceinte protohistorique des Nabines à Auron.
Visite du village de Saint-Étienne-de-Tinée, église Saint-Étienne, chapelles des Trinitaires, Saint-Sébastien et Saint-Maur.
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AURON
- L'enceinte des Nabines
Le site, perché à 1700 mètres d'altitude, se compose de deux éboulis et d'un reste de mur d'enceinte. Il a été fouillé en 1983 et 1984. Nous n'avons aucun rapport de fouilles pour 1984.
Le rapport de fouilles de 1983 donne quelques éléments : il s'agirait d'une enceinte entièrement fermée, de 115m x 40m, avec deux tours rectangulaires.
La tour occidentale est un quadrilatère de 8.50m x 5.50m. C'est la plus grande et elle est incluse dans le rempart. Impossible à dater, mais il y a des structures identiques dans le Languedoc, datées du Ve/IVe siècle avant notre ère.
La tour orientale dominait deux plates-formes qui obligeaient les visiteurs ou agresseurs à passer sous la tour avant de pénétrer dans l'enceinte, dont l'entrée était proche.
Le rapport de fouilles de 1983 signale aussi les traces d'un foyer à l'extérieur du mur, les traces de l'effondrement du mur sur le foyer, du charbon de bois autour des structures et des tours, d'où la question : il y avait-il des éléments accolés aux structures et tours, ou en élévation sur les structures et tours ?
Le rapport cite aussi des os calcinés, des tessons de céramique, sans aucun décor, dont la forme pourrait se rapprocher de l'âge du Fer ou du Bronze final. Il est rare de trouver des enceintes à des hauteurs pareilles. Il serait peut-être un habitat de passage, avec une activité pastorale, mais les tours monumentales posent question...
Le site a été aussi occupé ultérieurement car on a trouvé une zone dépotoir.
- Chapelle médiévale Saint-Érige
Saint Érige était un évêque de Gap de VIe siècle. La légende rapporte que saint Érige, poursuivi par des brigands, franchit la Tinée d’un seul bond avec son cheval et atterrit à l’endroit où devait être construite la chapelle.
A l'époque médiévale, le plateau d'Auron était traversé par un grand axe qui montait du littoral pour rejoindre soit le Piémont, soit la Provence, ce qui explique la présence d'un tel édifice.
D'autre part, on y cultivait des céréales durant l'été, jusqu'au mois d'octobre ; il y avait donc une activité importante sur le plateau.
Édifiée au XIIIe siècle ou dans la première moitié du siècle suivant, la chapelle comporte une large nef à charpente apparente, prolongée par deux absides inégales voûtées en cul-de-four et flanquée au sud par un clocher à flèche de pierre sans doute plus tardif, et par un bâtiment perpendiculaire ajouté au milieu du XVIe siècle, à usage de presbytère. Centre de pèlerinage depuis le Moyen Âge, le saint Érige d’Auron guérissait plus particulièrement les enfants chétifs.
Son clocher, en bel appareil, témoigne d'une technique de la fin du XIIIe, début XIVe siècle. Il est orné du blason de Saint-Étienne.
L'église avait une célébrité importante et devenait paroissiale secondaire pendant six mois de l'année.
Elle avait aussi une célébrité spéciale car était un sanctuaire à répit : on y apportait des enfants morts sans baptême pour qu’ils reviennent à la vie un court instant, le temps de les baptiser…
Importante aussi car située sur une route fréquentée. On pouvait s'y arrêter un instant pour une prière à saint Christophe, le patron des voyageurs.
Des fresques magnifiques ornent l'église.
Au centre, Marie-Madeleine vêtue de ses longs cheveux.
A droite, sous le Christ, la vie de saint Érige.
A gauche, la vie de saint Denis.
Les fresques ont été achevées au XVe siècle, sur un décor antérieur impossible à dater.
Autre particularité, la charpente est en bois.
SAINT-ÉTIENNE-DE-TINÉE
Nous avons visité quatre édifices religieux à Saint-Étienne-de-Tinée : un du XVe siècle, un du XVIe, un du XVIIe, un du XVIIIe.
Les voici par ordre chronologique de construction.
- Chapelle médiévale Saint-Sébastien
Chapelle du XVe siècle, c'est une chapelle de pont, dont la présence rassure la personne devant traverser le pont situé à proximité, mais aussi une chapelle de limite car construite à la limite du village, là où on attendait les voyageurs.
Sur la façade, où l’on reconnaît le style de Jean Baleison, une Vierge de Miséricorde entre deux anges protège de son manteau le peuple. Au-dessus, dans le pignon triangulaire, un Christ de passion sort du tombeau. Un arrière-plan montre une ville fortifiée.
Ce sont deux peintres piémontais, Jean Baleison et Jean Canavesio, qui se sont associés pour en réaliser le décor, véritable catéchisme en images.
- La chapelle Saint-Maur
Chapelle votive et de pèlerinage du XVIe siècle, elle était à l'origine ouverte sur la route d'Auron.
Les quatre murs et la voûte de l’édifice sont entièrement peints. Le triptyque du chevet montre une Crucifixion dans la partie supérieure, au centre la Vierge allaitant l’Enfant Jésus, de part et d’autre saint Maur et saint Sébastien percé de flèches.
Sur les murs latéraux, les fresques représentent la vie de saint Maur et de saint Sébastien.
- La chapelle des Trinitaires
La chapelle, décorée et édifiée au XVIIe siècle, offre des fresques de la même époque évoquant la vie de la Vierge et la bataille navale de Lépante du 7 octobre 1571 où les chrétiens défirent la flotte turque.
Des exvotos sont intégrés à la fresque.
Le Couvent des Trinitaires a été créé au XVIIème siècle, cet ordre était très actif en Provence et en Espagne avait pour mission de racheter aux Barbaresques, les Chrétiens retenus captifs de l'autre côté de la Méditerranée.
Les fresques de la chapelle latérale droite sont dédiées à la Vierge avec quelques panneaux portant des arbres symboliques, dues à la générosité du Seigneur Jules Achiardi de l'Alp (1674).
- L'église Saint-Étienne
C'est une des plus grandes églises des montagnes niçoises. Édifice important situé au centre du village, l’église a été achevée en 1789.
Le maître d’œuvre Spinelli a réussi à mêler néoclassicisme à l’intérieur et baroque à l’extérieur.
Un incendie dramatique en juillet 1929 détruisit la toiture qui fut refaite en même temps que la dalle du sol en 1930.
Les peintures intérieures elles aussi abimées ont été reprises en 1935.
L’impressionnante coupole et ses peintures exécutées par le romain S Frantoni en 1907 donnent au visiteur un impression d’immensité.
Le chœur gothique ( premier tiers du XVIème) présente une voute exceptionnelle dans le Comté de Nice.
Le maître-autel, monumental, en bois sculpté, polychrome ou doré rappelle l’attachement qu’eurent les vallées niçoises au mobilier baroque jusqu’au début du XIX siècle.
Les retables des bras latéraux présentent une Annonciation, huile sur toile, signée Jacques Bottero datée de 1700. Confirmant l’activité connue de l’artiste dans la Haute Tinée entre 1682 et 1702 (Œuvres à Saint Etienne dans la chapelle du Couvent des Trinitaires et à Saint Dalmas Le Selvage).
Dans l’église on peut aussi admirer dans les vitrines latérales les objets de cultes (ciboires, calices …) et tenues d’officiants.
A voir aussi, l’autel de la Vierge très lumineux et l’orgue datant de 1829 établi par les frères AGATI (Josué, Nicomède et Joannes – facteurs d’orgues).
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Le reportage de Jean-Pierre CAVELAN
Merci à Luc THEVENON, Denis BIETTE, Nicole LAUGIER, Madame l'Adjointe au maire et la dame qui nous a accueillis et guidés.
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