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TERRES D'AQUI

TERRES D'AQUI

Le blog du Cercle d'Histoire et d'Archéologie des Alpes-Maritimes..


Plateau de Calern – Cipières

Publié par André Robinet sur 12 Octobre 2026, 16:19pm

  

 

Toponymie : (sources : IA google)

 

Pour Caussols, origine Cal (pierre, caillou). Le nom de la commune est Caussòu en provencal, franciser en « Caussols ». Le mot « Causse » signifiant un plateau calcaire pierreux.

 

Pour Cipières, il viendrait du mot latin cippus, qui signifie « borne » ou « limite », Il désigne un endroit marqué par des bornes de limite, qui servaient à indiquer le chemin ou à délimiter un territoire le long des routes anciennes.

 

On trouve aussi sur Internet le terme de « Arius de Cippus »

Internet nous dit : à la mairie de Cipières un véritable autel votif romain dédié au dieu Silvanus, gravé au nom d'un citoyen romain nommé Caius Arius Domitianus. Cette découverte archéologique locale appuie fortement le lien historique entre le village, le nom de famille gallo-romain Arius, et l'ancienne délimitation des frontières romaines dans la vallée du Loup (Attention aux réponses de l’IA - C’est faux !)

La véritable localisation : Cet autel provient historiquement de Cemenelum (le quartier de Cimiez à Nice).

 

Histoire :

(Sources : wikipedia.org/wiki/Caussols, https://www.provence7.com/a-a-z-des-articles/caussols-a-visiter-06/, , https://randoxygene.departement06.fr/annuaire-general/cipieres

Les premières traces d’occupation humaine dans le secteur remontent au Néolithique, l’inventaire de l’Ipam signale 2 Tumulus sur la commune de Caussols et 1 à Cipières.

La grotte du Gouffre-Faille des Claps dont l’étude des céramique permet de confirmer une persistance des traditions néolithiques jusqu’à l’age de Fer, avec l’apparition de récipients plus élaborés (Carène (coupe) typique du Bronze final) et des échanges avec les tribut côtières alors que celles des hauts plateaux utilisaient encore une industrie lithique (Grotte du Gouffre-Faille, gisement du Bronze Final (Alpes-Maritimes) de Georges Merlin, Bulletin de la Société préhistorique française Année 1974).

 

Pour Caussols :

La période de la Protohistoire nous a également laissé dans les environs, des enceintes en pierre sèche des ages du Bronze et du Fer et où l’on a trouvé pour certaines des traces d’occupation romaine (camp des Laves et collet de l’Adrech). Les ramassages autour et dans le village médiéval de Villevielle ont fourni des céramiques remontant à l’Age du bronze et à l’époque romaine, rares sépultures, avec mobilier funéraire, quelques peignes et médailles d'argent et de bronze, sous les barres de Calern, à hauteur de l'actuel observatoire, deux pièces de monnaie en bronze, qui furent expertisées, l'une gauloise provenant de la région du Danube, l'autre à l'effigie de Licinius I (307-324) qui fut à la tête des provinces Illyriennes. (ex Yougoslavie)

 

Les premiers écrits mentionnant Caussols remontent au XIIe siècle, époque où le village dépendait des Comtes de Provence. Il s'agit de son église, "ecciesiam de Calsolis", dans une "pancarte" du Pape Adrien IV qui confirme à Raimond 1er, évêque d'Antibes, les domaines et dîmes de son église, et qui est daté de Rome le 24 Novembre 1158.

Au Moyen Âge (particulièrement aux XIe et XIIe siècles), une pancarte désigne un grand parchemin sur lequel les moines ou les scribes d'un monastère ou d'une abbaye recopiaient et compilaient les résumés de plusieurs chartes, donations, ou actes notariaux).

Un habitat fortifié n'est mentionné à Caussols qu'en 1216. Il se trouvait en bordure du plateau qui domine l'élise, au lieudit Villevieille. Cet habitat est au moins partiellement déserté durant le XIVe siècle, il est réuni à Cipières et le seigneur doit procéder à un repeuplement, en 1368. Celui-ci échoue et, en 1400, Caussols est de nouveau inhabité. Au réaffouagement de 1400, Causolis (Caussols) est porté comme lieu inhabitata (habité). Cela ne signifie pas, pour autant qu'il n'y ait plus d'habitants mais, administrativement parlant, il n'y a plus d'imposition.

Le terroir est baillé à des gens de Cipières qui viennent y faucher le foin. 44 y prendre en compte des biens, dont 27 y posséder des bastides ou des granges.

 

Pour Cipières :

Les limites du territoire sont très anciennes pour ce qui est du nord et de l'est, puisqu'il s'agit du fleuve côtier du Loup, qui sépare depuis l'antiquité les cités d'Antibes et de Vence. Il n'en est pas de même au sud. Les territoires de Cipières et Caussols, qui apparaissent en même temps dans l'histoire, au milieu du XIIe siècle, sont d'abord bien distincts et n'ont d'autre point commun que de dépendre de la même grande famille aristocratique : les sires de Grasse, princes d'Antibes.

L'église de Cipière fut mentionné au XIIe siècle (1158) ; une famille du même nom apparaît en 1152.

Un premier village occupait, aux XIIe et XIIIe siècles, une partie de la plateforme où nous voyons aujourd'hui le château. L'église était alors isolée, au pied de ce site. Aux XIVe-XVe siècles, un second village, qui remplace le premier, se développe sur le versant de la plateforme et rejoint l'église. Avant le milieu du XVIe siècle, un premier agrandissement se développe vers l'ouest.

Durant la seconde moitié du XVIe siècle, un second agrandissement, plus restreint, se développe vers l'est. Il correspond à la reconstruction de l'église paroissiale, en 1572. Durant la fin de l'époque moderne et au XIXe siècle, l'agglomération reprend un aspect régulièrement concentré. Le château a été reconstruit à la fin de l'époque moderne.

Les deux fiefs conservent cependant le même seigneur durant les XIIIe et XIVe siècles. Les deux fiefs sont alors réunis et, à partir de 1471 au moins, Cipières et Caussols sont affouagés ensemble.

Au XVe siècle, Guillaume d'Agout était seigneur de Caussols et de Cipières.(voir Archives Départementales AM 3 E79/110 11 et 12 septembre 1445)

La Révolution

Le 2 novembre 1789, l'Assemblée constituante votait « la mise des biens du clergé à la disposition de la nation ». Quatorze acquéreurs se les partagèrent.

Le village de Caussols ne redevint indépendant qu'en 1795.

 

 

Le plateau de Calern : (Source : Aperçu IA Google) est une « Zone classée Natura 2000 », et une partie du Parc naturel régional des Préalpes-d’Azur.

- Au XIXe siècle, l'agriculture sur le plateau de Calern reposait sur un système agro-pastoral traditionnel de subsistance, profondément adapté aux contraintes de ce milieu karstique aride et d'altitude. Malgré des conditions climatiques et géologiques rudes, l'espace y a été façonné et exploité par les paysans locaux à travers plusieurs pratiques clés. Ce mode de vie rude a progressivement décliné au cours du XXe siècle avec l'exode rural, transformant ce haut lieu de l'agriculture de montagne en un espace aujourd'hui dédié au pastoralisme résiduel, à la randonnée et à la recherche scientifique (avec l'Observatoire astronomique).

 

- 1. La culture exclusive des dolines :

Le sol calcaire du plateau est stérile et truffé de fissures, mais le paysage est parsemé de dolines (dépressions circulaires).

. Poches fertiles : C'est au fond de ces dolines que s'accumulaient l'argile de décalcification et l'humidité, rendant la culture possible.

. Épierrement systématique : Pour pouvoir cultiver, les paysans devaient patiemment retirer la roche. Les pierres extraites étaient accumulées en d'immenses tas en périphérie des parcelles, appelés clapas.

. Productions : On y cultivait principalement des céréales rustiques de montagne (seigle, avoine, parfois du blé) et quelques légumes de subsistance.

- 2 Le pastoralisme et l'élevage ovin :

L'élevage de moutons constituait le véritable poumon économique et d'autosuffisance du plateau. Les vastes pelouses sèches servaient de pâturages extensifs durant la belle saison.

- 3 Un patrimoine bâti en pierre sèche unique :

L'omniprésence de la pierre et l'absence totale de bois de construction sur le plateau ont donné naissance à une architecture rurale en pierre sèche remarquable, dont les vestiges sont encore visibles :

. Les cabanes et bories : Servaient d'abris temporaires pour les bergers et les cultivateurs lors des travaux saisonniers.

. Les bergeries et enclos (jas) : Permettaient de parquer et de protéger les troupeaux de brebis.

. Les aires à battre : Aménagées à proximité des dolines, ces surfaces planes pavées de pierres servaient à battre les céréales directement sur place afin de séparer le grain de la paille avant de redescendre dans les villages.

- 4 La cueillette de la lavande sauvage :

À la fin du XIXe siècle, la cueillette et la distillation de la lavande fine sauvage (qui pousse naturellement sur ces reliefs) ont commencé à se structurer dans l'arrière-pays grassois, apportant un complément de revenu non négligeable aux familles de paysans de la région.

- 5 Apiculture, favorisée par la végétation de garrigue (thym,...) et l'abondance de la lavande sauvage.

 

Abri, bergerie troglodytique

La bergerie, qui ne figure ni sur le cadastre de 1841 ni sur le cadastre actuel, a pu être installée au 17e ou au 18e siècle ; elle semble donc périmée en 1841 et ne pas avoir été restaurée depuis, elle est cependant encore utilisée, parfois. Elle est installée dans un abri naturel situé au fond d'une doline à parois verticales, un aven ; du côté nord, les strates du rocher ont été partiellement dégagées pour former un escalier ; une cabane de pierre sèche (borie) est située près de l'ouverture de la doline.

Ensemble Agro Pastoral : (Source : https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00128041 Poteur Jean-Claude - (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général ; (c) Conseil général des Alpes-Maritime)

La cabane

Appelée ailleurs "borie", on la désigne ici plus justement comme une cabane en pierre sèche. Construite sans mortier, uniquement avec des pierres empilées, elle servait autrefois d’abri aux bergers contre les intempéries, de remise pour le matériel ou d’abri pour les animaux. Son architecture particulière la rend facilement reconnaissable dans les paysages agricoles ou pastoraux.

  

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